A l'Assemblée Nationale, au Sénat, au gouvernement ... les décrets les plus brûlants ne cessent de sortir des grandes bouches gouvernementales. Promulgations et projets de loi ne cessent d'effriter et de cracher avec humble orthographe sur le magnifique monument démocratique dont se sont équipés tant de citoyens du monde. Il n'a qu'un seul nom et qu'une seule appellation pour être nommé dignement, tel est le minimum syndical : l'université !
Un lieu où se côtoient échanges et débats, où les savoirs parfument l'air ambiant des gigantesques amphithéâtres, où de grandes personnalités donnent rendez-vous à tous les curieux du savoir et de la connaissance, où la recherche de pointe permet aux sociétés et aux individus humains de pouvoir réaliser leur idéal de progrès ... Autant de louanges qui font de cette institution, une des plus fondamentales de notre chère humanité ... Mais pourtant, elle est mise en péril ! Ainsi LRU et autres compatriotes vagabondent et survolent les imposants bâtiments de notre savoir suprême. L'université est aujourd'hui mise en danger par un gouvernement qui se veut plus ferme et beaucoup moins ouvert aux bienfaits spirituels de la connaissance universitaire.
Chercheurs, maîtres de conférences mais aussi étudiants ont ainsi décidé de lancer et d'inaugurer le 28 février 2009, la nouvelle université de Paris-14. "La fac qui bouge", tel est leur slogan. Effectivement, elle bouge et nous serions à mêmes de dire qu'elle grince par moments, ses locaux sont si bien équipés que le personnel s'y revendique comme étant "autogéré, autonome, critique, nomade et sans chauffeur" (hic). Il n'existe aucun autre endroit aussi spécifique, c'est le métro parisien et plus précisément, la ligne 14. Des cours sont dès lors donnés sur une vingtaine de minutes dans des wagons où l'on tente de susciter au sein de l'opinion publique, des réflexions et peut-être même un débat. Certes, tous ne sont pas d'ardents auditeurs, haranguant comme une mère de famille, qui dénonce les blocages de cours de son fils, mais d'autres prêtent leurs oreilles aux conférenciers nomades, d'autres encore lisent le programme du cours avec attention et assiduité. Plus loin, un professeur débute son cours sur la "démocratie dépolitisée", tandis que d'autres discutent avec les voyageurs des directives ministérielles ... tout en alliant convivialité et sérieux.
Malheureusement toute joie trouve le bout de son long tunnel car, alors que les participants sont en pleine transe intellectuelle, le faucon bleu au blason policier, refait surface des quais du dernier arrêt. "Terminus ! Tout le monde s'arrête !" (de penser ?), pourrions-nous déjà imaginer ... Alors que les journaux commerciaux polluent humblement et avec autorisation légale les couloirs trouvant leurs meilleurs disciples dans les poubelles, les tracts de cours sont interdits : seul le droit de "parler" dans le métro existe. Encore est-il que le jour où la police intègrera un philosophe dans ses activités, toutes nos sentiments convergeront vers la démocratie !