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Les consciences collectives dominées par la marée médiatique ?

Les médias le disent : ils font preuve d’impartialité ! Accordés aux objectifs communs d’information du public, les médias délivrent sans cesse des flots marécageux d’informations de toutes espèces : sport, politique, culture, et mêmes cancans en tous genres. Ces derniers ont un tel artisanal d’armes à informations, qu’ils seraient à eux seuls capables de réaliser un coup d’état par leurs voies magistrales de diffusion et, pourquoi pas, d’instruction. La rhétorique, concept militaire puissant à lui seul, fait des médias, ce qu’on appelle plus généralement le « cinquième pouvoir ». Ainsi n’est-il pas rare de constater que bien des journaux que nous achetons sont aux mains de grands groupes industriels, lobbies et contrats déversent nos rues de papiers imprimés, contenant des informations que nous ne serions à même de découvrir par nous-mêmes. Il est certain que si la population ne pouvait se gaver de jités (jargon signifiant JT, ou en français journal télévisé), la figurine symbolique d’Ingrid Bétancourt serait de nos jours perdue aux oubliettes des forêts amazoniennes, entre autres le tsunami thaïlandais n’aurait pas même existé … d’où voyons-nous l’importance de ces bouillons d’arbres broyés chaque jour … Cependant, ces lobbies et accords privés ne s’en cessent pas à cette vision des faits, ainsi leur est-il réflexivement légitime d’omettre quelques informations ou quelques données susceptibles de les mettre en péril ou simplement n’ayant pas attrait à la consommation de masse.

La consommation de masse se définit pour elle-même comme une consommation active, nécessitant de ce fait l’instantanéité de l’information : fin des longs et détaillés articles à n’en plus voir le bout, mais place à photographie et à la phrase mythique et choquante : « Scoop sur la vie de Paris Hilton ». Le sarcasme ne se limite pas seulement à cette conception cependant. Ainsi la mise en péril, quant à elle, peut s’expliquer par la dénonciation d’un groupe pétrolier, ayant déversé des produits chimiques, des plaisanteries concernant les dividendes que touchent étrangement certains actionnaires, ou encore les mascarades douteuses de certains politiques (privés ?). Ainsi viennent alors ce que la nuit des temps aura au fort être de l’individu humain fait émerger : la censure. Que des biens faits relatifs à cette notion de la presse. Entre autres, le magazine "Paris Match" s’est vu limoger Alain Genestar de la direction de publication, pour avoir avec outrage publié en pleine couverture du 25 août 2005, une photographie de Cécilia Sarkozy accompagné, non pas à cette époque de son mari mais d’un autre Jules, ce qui provoqua un tollé des plus fermes au sein du groupe privé Lagardère, ardant ami de notre cher et aimé Président de la République … L’argent serait-il devenu une arme ?

Les médias, des menteurs ?

Paris Match aux mains du groupe Lagardère, TF1 dans les bras de Bouygues, Canal + dans les jambes de Vivendi Universal, et grand cri des pirates internet, MSN dans les aisselles de Microsoft. Où allons-nous à cette allure ? Serions-nous entrain de créer un nouveau média ? L’Aryen médiatique nous fera-t-il découvrir un nouvel âge ? Mythique soit-il. Néanmoins, il ne sera pas à négliger l’existence (encore heureuse) de biens d’autres sources d’informations plus libres et moins oppressés sous les conjonctures économiques de l’argent puant se déversant des encres privées. Le Monde se revendique alors comme un média libre, et Serge Halimi annonce alors dans le Monde diplomatique de janvier 2009 que ‘’le journal appartient, pour la moitié (51%), au groupe Le Monde et, pour l’autre moitié (49%), à ses lecteurs – Les Amis du Monde diplomatique – et à l’équipe qui le réalise’’, d’où selon lui une ‘’garantie de totale indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs, politiques ou financiers’’. De son côté, France Inter propose alors l’alternative selon son spot télévisé paru pour la rentrée estivale en septembre 2008, par un slogan, fort hors du commun : « France Inter. La différence ». Nicolas Demorand (iTele), Yves Calvi (France 5), Daniel Mermet … autant de personnalités radiophoniques qui défendent la pertinence de la précieuse chaîne publique. Par ailleurs, Stéphane Guillon impose le clou, en chroniquant dès le matin « L’humeur » à 7h53, un registre satirique muni d’un tel sarcasme, dénonçant ou plaisantant des décadences de nos politiques en ne censurant aucun terme, qui paraîtraient même proches de l’insulte et du renforcement de la mise à mal de notre langue française. Charlie Hebdo, n’hésite pas à illustrer Mahomet dans ses publications le 1er février 2006. Coup de grâce pour ce dernier qui se verra à l’honneur d’une alerte à la bombe dans les bureaux du siège social, cinq jours suivant le tollé provoqué au sein de la communauté islamique, ce qui ne détournera pas l’intransigeance du groupe, clamant avec ferveur, les principes de la liberté d’expression, défendues par l’association Reporters sans frontières dans son « Rapport annuel 2007 ».

Néanmoins, France Inter et Charlie Hebdo, auraient-ils oublié le départ de leurs journalistes pour la création d’un tout nouveau. Frédéric Bonnaud (France Inter) et le caricaturiste Siné (Charlie Hebdo) lancent alors le 10 décembre 2008, un nouveau journal qui se veut ‘’mal élevé en kiosque chaque mercredi’’. Mais alors le service public ainsi que la presse satirique seraient-ils mis à mal au sein de la jungle médiatique ? Ce déferlement ébranlerait-il aussi ceux en qui la population comptait des informations d’une pertinence et d’une validité assurée ? L’Humanité change la donne ! Ainsi lors de la Conférence en hommage aux victimes des hostilités entre Israël et Palestiniens, lors du 4 février 2009, Patrick Le Hyaric, annonçait alors que seul l’Humanité avait eu le courage et l’audace de publier des photographies provocatrices montrant des enfants palestiniens ensanglantés, victimes des obus israéliens. De ce fait, devrions-nous faire entière confiance au journal communiste ? Où se trouve alors l’impartialité des médias tant défendue ?

Quoi qu’il en soit, il est impossible de vivre sans information, ni même de se focaliser qu’à un seul média déjà pris à parti, la nécessité informationnelle provient par conséquent de cette jungle et de la multitude amazonienne des médias proposés. Il est ainsi plus intéressant pour l’esprit critique du lecteur de lire avec ouverture et largeur d’esprit, ce qui n’est malheureusement pas encore à l’ordre du jour … A suivre bien évidemment.
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